Club Européen des Diététiciens de l'Enfance

Club Européen des Diététiciens de l'enfance

Les régimes « sans » étaient le thème de la JE 2017 du CEDE. Quel programme !

 

 

Lorsque les diététiciens, professionnels de la santé que nous sommes, devons accompagner nos patients dans la mise en place d’une alimentation adaptée à leur pathologie, donner des conseils d’alimentation saine aux populations, nous sommes souvent confrontés à des freins aux changements. Ceci nous pose évidemment question ! Mais lorsque c’est l’individu qui s’impose volontairement des restrictions alimentaires par convictions diverses (religieuses, philosophiques, écologiques, etc.), cela nous pose aussi question d’autant plus si la santé nutritionnelle de l’enfant et a fortiori son développement est mis à mal.

C’est ainsi que tout au long de cette journée, les intervenants à travers leurs exposés, nous ont mis sur la voie « du bon sens » et « du non au manichéisme ».  Madame Lefranc, sociologue diététicienne, nous invite à maintenir un dialogue et parvenir à rester une personne ressource, de confiance pour le patient qui s’impose des évictions alimentaires. Le travail mené et présenté par les diététiciennes pédiatriques sur les différents types de végétarisme et leur implication sur la santé nutritionnelle de notre population cible est une mine d’or pour les diététiciens en consultation. L’aspect de l’alimentation « sans viande rouge, sans lait, sans gluten, sans palme, sans sucre » a été abordé en lien avec l’agro-alimentaire, l’environnement, la consommation durable, la protection de la planète et les troubles du déficit d’attention : chacun s’accorde pour dire que le lien causal est très difficile à démontrer pour ne pas dire inexistant et qu’une analyse profonde du contexte sociétal est nécessaire. Il en ressort que tout n’est pas « noir » ou « blanc » mais « gris » et que nos choix alimentaires restent dans cette zone grisée du juste équilibre. A cela, s’ajoute l’avis de Mme Xhonneux qui nous incite à réduire l’exposition de la population pédiatrique aux perturbateurs endocriniens par des choix de consommation tant au niveau du type de produits alimentaires (légumes et fruits frais de saisons locaux et non traités) qu’au niveau des contenants que nous choisissons pour les réchauffer ou les stocker. Patricia Klein, coach en développement personnel nous conseille de lutter contre la désinformation et nous encourage à répondre aux demandes des médias pour apporter un avis scientifique, un arbitrage étayé d’arguments solides avec un point de vue objectif et neutre. La journée se clôture par l’annonce de la journée d’étude suivante qui aura lieu en mars 2018, à Bruxelles, sur le thème du surpoids et de l’obésité chez l’enfant. Je terminerai cet édito en remerciant Marie-Josée Mozin. Elle était présente pour dédicacer son livre « Diététicienne de pédiatrie : notre profession a plus d’un demi-siècle et pourtant elle reste méconnue ».Profession qu’elle a développée tout au long de sa carrière et qu’elle défend toujours avec passion. Vous trouvez les informations du livre et comment vous le procurer dans "publications".

 

                                                                                                                                Isabelle Thiébaut