09-2024
ARTICLES OFFICIELS
Informations officielles provenant d'organisations nationales ou internationales
Nouvelles recommandations nutritionnelles pour la Suisse
En collaboration entre l'OSAV et la SSN, les recommandations alimentaires suisses en vigueur depuis 2011 ont été revues et actualisées sur la base de connaissances scientifiques : A partir de 2024, des nouveaux aspects sont pris dans l’équation d’une alimentation saine et équilibrée, la promotion de la santé et la durabilité. Le tout dans le cadre des habitudes alimentaires suisses.
La pyramide alimentaire suisse pour les adultes âgés de 18 à 65 illustre et résume les points forts des recommandations nutritionnelles suisses. L’accent est mis sur les produits régionaux et de saison, sur les céréales complètes et sur les sources de protéines végétales. La population est invitée à diminuer sa consommation d’aliments transformés afin de prévenir les maladies non transmissibles (MNT) et à réduire le gaspillage alimentaire en adoptant un comportement d’achat responsable.
En plus d’une alimentation saine, il est recommandé de pratiquer une activité physique de 30 minutes par jour. Des petits changements dans le comportement quotidien en matière d'alimentation et d'activité physique sont déjà un pas dans la bonne direction - vers une alimentation saine et durable. Consultez cette ressource ici :

Belgique – Sciensano : 10 ans plus tard, la moitié de la population belge est toujours en surpoids
« 49 % des Belges sont en surpoids et parmi eux, 18 % souffrent d’obésité. C’est ce qui ressort de l’Enquête de consommation alimentaire que Sciensano a réalisée en 2022-2023. Ce pourcentage n’a pas changé par rapport à celui de l’enquête précédente en 2014-2015. Presqu’un tiers de la population âgée de 10 ans et plus essaie de maigrir et 21 % de ces personnes font appel à des méthodes dangereuses pour la santé afin de perdre du poids. Selon Sciensano, les problèmes relatifs au poids sont encore trop fréquents et la politique doit davantage se concentrer sur la réduction de ces risques pour la santé. »
Pour consulter cette enquête de consommation

ELEMENTS DE CONTEXTE
Actualité politique et institutionnelle en lien avec l'activité pédiatrique
EFSA - Avis scientifique sur la limite supérieure tolérable d'apport en vitamine E
À la demande de la Commission européenne, l'EFSA a été chargée de donner un avis scientifique sur la révision du niveau d'apport maximal tolérable pour la vitamine E. L'α-tocophérol est reconnu comme la seule forme essentielle de la vitamine E, l’EFSA a donc limité son évaluation à l'α-tocophérol. Des revues systématiques de la littérature ont été menées pour évaluer les preuves des effets indésirables prioritaires sur la santé d'un apport excessif en vitamine E, à savoir le risque d'altération de la coagulation et de saignement, de maladies cardiovasculaires et de cancer de la prostate.
Les apports optimaux en vitamine E de toutes les sources alimentaires, précédemment fixés par le Comité scientifique de l'alimentation humaine, sont maintenus pour tous les groupes de population, à savoir :
• 50 mg/jour pour les nourrissons de 4 à 6 mois,
• 60 mg/jour pour les nourrissons de 7 à 11 mois,
• 100 mg/jour pour les enfants de 1 à 3 ans,
• 120 mg/jour pour les 4 à 6 ans,
• 160 mg/jour pour les 7 à 10 ans,
• 220 mg/jour pour les 11 à 14 ans,
• 260 mg/jour pour les 15 à 17 ans,
• 300 mg/jour pour les adultes (≥ 18 ans), y compris les femmes enceintes et allaitantes,
Les apports optimaux s'appliquent à toutes les formes stéréoisomériques de l'α -tocophérol.
ARTICLES CONSEILLES
Informations, articles scientifiques, études concernant l'activité pédiatrique
Relation entre l'alimentation du nourrisson et le microbiome : implications pour les allergies et les intolérances alimentaires
L’enfance est une période critique pour le développement du système immunitaire, qui est grandement influencé par le microbiome intestinal. Plusieurs études ont déjà démontré que l’allaitement maternel favorise un microbiome favorable. En revanche, l’alimentation au lait maternisé et l’incorporation précoce de certains aliments solides peuvent nuire au développement du microbiome. Ainsi, l’élaboration de stratégies visant à promouvoir une nutrition optimale du nourrisson nécessite une compréhension de la relation entre la nutrition du nourrisson et la santé à long terme. La présente revue vise à examiner la relation entre les pratiques d’alimentation du nourrisson et le microbiome, ainsi que ses implications sur les allergies et les intolérances alimentaires chez les nourrissons. De plus, cette étude synthétise les preuves existantes sur la manière dont différentes habitudes alimentaires influencent le microbiome. Elle met en évidence leurs implications pour la prévention des allergies et des intolérances alimentaires. En conclusion, l’introduction d’aliments solides allergènes avant six mois, parallèlement à l’allaitement, peut réduire considérablement les risques d’allergies et d’intolérances alimentaires, étant également associées à des variations du microbiome intestinal et aux complications associées. Retrouvez cet article ci-dessous :

Relation entre comportement alimentaire des enfants (1–6 ans) et indice de masse corporelle : une étude transversale dans les centres de protection maternelle et infantile français de la région parisienne
Cette étude française, réalisée dans plusieurs centres de protection maternelle et infantile (PMI) de la région parisienne sur 500 enfants de 1 à 6 ans utilise un questionnaire spécifique, le Child Eating Behaviour Questionnaire (CEBQ), dans l’objectif de faire le lien entre différentes caractéristiques du comportement alimentaire de l’enfant et le risque d’obésité. Les résultats montrent que les enfants qui sont plus sensibles à leurs signaux de satiété et ceux qui ont tendance à manger lentement sont moins à risque d’obésité contrairement aux enfants plus sensibles aux stimuli alimentaires environnementaux et ceux présentant un intérêt élevé pour la nourriture et un « gros appétit » ont des Z-scores d’IMC significativement plus élevés. Les données complémentaires montrent que la consommation de plus d’un produit ultra-transformé par jour est aussi associée à un IMC élevé. Retrouvez cette étude transversale ici :

Méthode d'alimentation par sonde entérale et parentérale à domicile et évolution neurodéveloppementale de nourrissons à l’âge de 2 à 3 ans
L’objectif de cette étude était d’étudier le développement des nourrissons renvoyés chez eux après une hospitalisation, avec maintient d’une alimentation par sonde entérale et parentérale. Parmi les nourrissons sortis de l'hôpital avec une alimentation nasogastrique, les scores médians de Bayley-III se situaient dans la fourchette basse à moyenne, et une alimentation orale complète a été obtenue dans 75 % des cas. Parmi les nourrissons sortis de l'hôpital avec une alimentation par sonde parentérale, les scores médians de Bayley-III se situaient dans la fourchette extrêmement basse et une alimentation orale complète n’a été obtenue que dans 36 % des cas. Le développement neurologique à 2-3 ans ne semble pas quant à lui, être affecté négativement par la décision de faire sortir un nourrisson de l’hôpital avec alimentation par sonde.
Pour en savoir plus, c'est par ici

Impact du catabolisme intestinal du Tryptophane dans les maladies inflammatoires
Le tryptophane (Trp) est un acide aminé essentiel apporté par l’alimentation dont la carence ou la malabsorption engendre une inflammation intestinale ainsi que d’autres signes cliniques graves. Au niveau intestinal, le métabolisme du Trp permet de produire la Kynurénine (Kyn) via l’enzyme indoleamine 2, 3-dioxygenase 1 (IDO1) ainsi que la sérotonine. Une partie du Trp est métabolisé par le microbiote intestinal donnant les indoles. Ces derniers exerceraient un rôle protecteur au niveau intestinal et par conséquence permettraient de corriger les altérations métaboliques, dans le cas d’obésité. La voie de dégradation du Trp vers celle de la Kyn est majoritaire, et elle augmenterait de manière importante dans plusieurs pathologies à composante inflammatoire. Les données de littérature montrent qu’une perturbation dans l’équilibre des voies de dégradation du Trp pourrait entraîner des conséquences locales sur l’homéostasie intestinale et également systémiques. Cette revue résume les avancées récentes concernant le rôle des différents acteurs impliqués dans le catabolisme du Trp, essentiellement au niveau intestinal, en particulier la voie de la Kyn, de la sérotonine et celle des indoles, et la régulation mutuelle entre ces voies, ainsi que le dialogue entre l’hôte et le microbiote intestinal dans les situations physiologiques et patho-physiologiques.
Pour lire cet article, c'est par ici

LU POUR VOUS
Données d'intérêt mais non validées par un comité de lecture
L’autismes et régimes « sans »
Dans le champ de l’autisme, à côté de positions thérapeutiques reconnues, se développent des prises en charge nutritionnelles alternatives comme le régime sans gluten et sans caséine. Certains parents mettent en avant ce régime pour améliorer les troubles de leur enfant avec autisme, alors que les discours publics basés sur les données scientifiques disponibles ne permettent pas de conclure à un effet bénéfique et invitent à la prudence. Partant de ce constat, l’article explore les raisons qui poussent les parents à mettre en place des évictions alimentaires qui vont à l’encontre des préconisations. À l’aide d’une étude qualitative, et plus particulièrement à travers le portrait d’une famille, le travail analyse une forme de dissidence alimentaire. Les résultats font ressortir plusieurs explications aux raisons d’agir a priori non évidentes des parents d’enfant avec autisme. Tout d’abord, le contexte d’incertitude dans la prise en charge de l’autisme invite les parents à être ouverts à de nouvelles expériences. Ensuite, les communautés virtuelles favorisent différentes formes de soutien et par prolongement la mise en place du régime. Enfin, le positionnement par rapport à des dynamiques de responsabilisation parentale dans la double gestion « autisme et alimentation » conforte la prise en charge « non conventionnelle » par l’alimentation.
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Bonne lecture de veille scientifique à toutes et tous !
L'équipe du CEDE
VEILLE SCIENTIFIQUE 2024-09