VEILLE SCIENTIFIQUE 2025-04

04-2025



ARTICLES OFFICIELS

Informations officielles provenant d'organisations nationales ou internationales

ANSES : Éviter les isoflavones dans les menus des restaurations collectives

« Les isoflavones naturellement présentes dans certains végétaux peuvent avoir des effets nocifs sur la santé, en particulier sur le système reproducteur, si elles sont consommées en trop grande quantité. Le soja étant la principale source d’isoflavones, l’Anses recommande de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective pour éviter une surconsommation. Elle invite également les producteurs et les industriels de l’agroalimentaire à revoir les techniques de production et de transformation du soja, pour diminuer les teneurs en isoflavones dans les aliments. »       

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Pour lire le rapport d’expertise collective sur les VRT (valeurs toxicologiques de référence) à long terme par voie orale des isoflavones :

Consultez le rapport d'expertise ici

Pour lire l’avis relatif à la demande d’évaluation du risque sanitaire de la consommation d’aliments contenant des isoflavones : 

Consultez l'avis ici



INRAE : Alimentation saine et durable en restauration scolaire

Aujourd’hui en France, plus de 8,5 millions de jeunes de 3 à 17 ans fréquentent une cantine scolaire, généralement 4 ou 5 fois par semaine. La restauration scolaire est ainsi un levier essentiel pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de santé publique (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète…) et plus récemment d’environnement et de développement local. En effet, l’alimentation se situe au carrefour de problématiques sanitaires, nutritionnelles, sociales, économiques, environnementales et territoriales en France, comme à l’international.                                                                                                                            
En France, plusieurs réglementations et politiques publiques ont encadré cette offre de restauration. S’appuyant sur plus de 50 ans de recherche en alimentation, ainsi qu’en agronomie et en environnement, les scientifiques d’INRAE accompagnent les acteurs des politiques publiques de la restauration scolaire depuis une vingtaine d’années. Un soutien renforcé dans le cadre des lois EGalim de 2018 et Climat et résilience de 2021 qui promeuvent une alimentation saine et durable à la cantine.                                                                        
Ce dossier présente une série de recherches, recherches-actions et expertises menées à INRAE en lien avec la restauration scolaire, des composantes nutritionnelles des repas aux liens avec les circuits courts et l’agriculture biologique. Les travaux de l’INRAE éclairent les acteurs et l’action publique de la conception des politiques publiques jusqu’à leur évaluation, en passant par leur mise en œuvre.
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ELEMENTS DE CONTEXTE

Actualité politique et institutionnelle en lien avec l'activité pédiatrique

Nations Unies - Analyse d'économie politique de la réponse législative au marketing des aliments et des boissons malsaines au Chili, au Canada et au Royaume-Uni.

Les organismes des Nations Unies appellent à des réponses juridiques pour limiter l’exposition des enfants au marketing alimentaire malsain ; cependant, peu de gouvernements ont introduit des contrôles législatifs. Cette recherche étudie les influences sous-jacentes de l’économie politique qui ont eu un impact sur l’introduction de réponses juridiques. Nous avons utilisé une méthodologie d’étude de cas multiples pour examiner les influences de l’économie politique sur le processus politique dans trois contextes (Chili, Canada et Royaume-Uni). Les données issues de preuves documentaires et de 21 entretiens semi-structurés avec des informateurs clés ont été analysées à l’aide d’un cadre d’économie politique étudiant les institutions, les intérêts, les idées et la dynamique de pouvoir associée qui a façonné le processus politique.                        
Les idéologies néolibérales dominantes et le paradigme institutionnel global, dans lesquels tous les acteurs opéraient, signifiaient que toute forme d’intervention gouvernementale devait être justifiée, fondée sur des preuves et pas plus intrusive que nécessaire sur les entreprises commerciales et la vie publique. Le paradigme néolibéral a imprégné chacun des éléments de l’économie politique (institutions, idées et intérêts). En outre, son influence a été observée à toutes les étapes du processus politique, de l’introduction à l’adoption de la loi ou du règlement qui en résulte, et ressentie dans les pouvoirs exécutif et législatif du gouvernement.                                                                                
Un changement de paradigme, qui s'éloignerait de la protection et de la primauté de l'entreprise commerciale et d'une ingérence gouvernementale limitée, réduirait les obstacles auxquels les gouvernements sont confrontés lorsqu'ils introduisent des réponses législatives au marketing des aliments nocifs pour la santé. Cette dynamique pourrait être tempérée si le pouvoir institutionnel, celui des acteurs et celui du discours étaient exploités pour soutenir la mesure légitime de santé publique, ce qui impliquerait un mandat fort pour le ministère responsable et un entrepreneur politique dévoué et influent. Cet article :                                                                                                                
   • Donne un aperçu de la manière dont trois gouvernements différents ont légiféré sur le marketing des aliments nocifs pour la santé.
    • Fournit des leçons aux autres gouvernements sur les défis auxquels ces pays ont été confrontés et sur la manière dont ils les ont surmontés.
  • Examine la réalité politique derrière l'élaboration des politiques qui a un impact sur la manière dont se déroule l'élaboration des politiques fondées sur des données probantes.                                                                                                                
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ARTICLES CONSEILLES

Informations, articles scientifiques, études concernant l'activité pédiatrique

L'allaitement maternel non exclusif est associé à la pneumonie et à l'asthme chez les enfants de moins de cinq ans : une revue générale de revues systématiques et de méta-analyses.

Malgré de nombreuses revues examinant l'impact de l'allaitement maternel exclusif sur la prévention de la pneumonie et de l'asthme chez l'enfant, une synthèse exhaustive et actualisée fait défaut. Cette revue générale visait donc à consolider les données actuelles sur le lien entre l'allaitement maternel non exclusif et le risque de pneumonie et d'asthme chez les enfants de moins de cinq ans. Les résultats ont mis en évidence que l'allaitement maternel non exclusif était associé à un risque accru (niveau de preuve GRADE hautement suggestif) de pneumonie et d'asthme chez les enfants de moins de cinq ans. Ils mettent aussi en lumière le rôle crucial de l'allaitement maternel exclusif dans la réduction du risque de problèmes respiratoires, soulignant la nécessité de politiques et d'initiatives promouvant l'allaitement maternel comme stratégie clé pour améliorer la santé des enfants. Retrouvez ces données ci-dessous :

Retrouvez les données ici 



Corrélation entre la consommation quotidienne du petit-déjeuner des adolescents et les caractéristiques sociodémographiques : tendances dans 23 pays européens participant à l’étude sur le comportement de santé des enfants d’âge scolaire (2002-2018)

Le petit-déjeuner, souvent considéré comme le repas le plus important de la journée, peut bénéficier à la santé des adolescents de plusieurs façons. Les objectifs de la présente étude étaient d'identifier les déterminants sociodémographiques de la consommation quotidienne du petit-déjeuner chez les adolescents et de décrire les tendances en matière de petit déjeuner chez les adolescents dans 23 pays. Des enquêtes transversales auprès d'échantillons représentatifs d'adolescents (âgés de 11, 13 et 15 ans) (n = 589 737) de 2002 à 2018 ont été utilisées. Quatre pays ont montré une tendance à la hausse du petit-déjeuner : Pays-Bas, Macédoine, Slovénie et Angleterre alors que la prise quotidienne de petit déjeuner a baissé dans 15 pays dont la France et la Belgique. La prise de petit-déjeuner est plus facile dans les foyers aisés et biparentaux.

Pour lire cet article

Pour aller plus loin sur la même thématique, consultez également notre publication sur la qualité nutritionnelle des céréales pour le petit déjeuner destinées aux enfants et adolescents : 

Pour aller plus loin



Prescription de semaglutine (GLP-1) chez l'enfant et l'adolescent en situation d'obésité : balance bénéfices/risques, promouvoir la santé sans nuire.

En 2023, l'Académie américaine de pédiatrie a publié un guide de pratique clinique recommandant l'utilisation de médicaments amaigrissants, notamment les agonistes des récepteurs du peptide-1 apparenté au glucagon (GLP-1), en complément des interventions comportementales et de style de vie chez les enfants et les adolescents obèses. Les agonistes des récepteurs du GLP-1 sont une classe de médicaments qui favorisent la perte de poids en ralentissant la vidange gastrique afin de réduire l'appétit et en activant les régions cérébrales qui régulent la faim. Deux essais cliniques randomisés qui ont examiné l'innocuité et l'efficacité de ces médicaments chez les adolescents (âgés de 12 à 18 ans) ont révélé que les agonistes des récepteurs du GLP-1 peuvent réduire l'IMC jusqu'à 56 semaines et offrent des avantages potentiels pour les adolescents souffrant de problèmes médicaux liés à l'adiposité (par exemple, le diabète de type 2), mais ont également reconnu que les risques associés à une utilisation à long terme pendant les périodes-clés de la croissance et du développement sont insuffisamment compris. Malgré ces risques qui restent encore pour l'heure inconnus, les prescriptions d'agonistes des récepteurs du GLP-1 chez les jeunes âgés de 12 à 25 ans aux États-Unis ont augmenté de près de 600 % entre 2020 et 2023.

Pour en savoir plus, c'est par ici 

VU POUR VOUS

Compte rendu des déplacements et des conférences auxquels le CEDE a participé

« Insécurité alimentaire des foyers français : une bombe à retardement ? »

Description de la vidéo : « Pour ce nouvel épisode du podcast « Bouffe de là », j'ai reçu Bénédicte BONZI, chercheuse et docteure en anthropologie sociale, autrice de « La France qui a faim – Le don à l’épreuve des violences alimentaires » et Marie Drique, responsable accès digne à l’alimentation durable au « Secours Catholique-Caritas France ».

Au pays des étoiles Michelin et des fastueux repas officiels aux frais du contribuable, huit millions de Français·e·s sont en insécurité alimentaire. Un·e étudiant·e sur cinq a recours à l’aide alimentaire et 25% des familles monoparentales se privent de repas au moins deux jours par mois, faute d’argent. En dix ans, les fruits et légumes frais ont augmenté de 50% et 70%.

Un récent rapport chiffrait à 12,3 milliards d’euros le montant des dépenses publiques engagé par l’État français pour pallier les impacts négatifs du système alimentaire. Une double peine qui frappe davantage les plus précaires, car plus que jamais, l’alimentation est devenue la variable d’ajustement : une fois réglées toutes les charges incompressibles, on mange avec ce qui reste.
Face à une hausse des demandes inédite, les banques alimentaires ont de plus en plus de mal à pallier l’inaction de l’État. »
- Nora Bouazzouni, journaliste alimentation et auteure de ce podcast Arte Radio.
                                                                                            
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Lien du podcast « Bouffe de là » : 

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Bonne lecture de veille scientifique à toutes et tous ! 

L'équipe du CEDE

VEILLE SCIENTIFIQUE 2025-03