02-2026
ARTICLES CONSEILLES
Informations, articles scientifiques, études concernant l'activité pédiatrique
ESPGHAN – Position Paper concernant les recommandations des probiotiques en pédiatrie
La malnutrition pendant la grossesse demeure un problème majeur à l'échelle mondiale, touchant de manière disproportionnée les femmes vivant dans les pays à revenu faible et intermédiaire où l'insécurité alimentaire et l'accès limité à une alimentation de qualité aggravent les risques pour la santé maternelle et fœtale. La malnutrition durant cette période critique du cycle de vie peut avoir des effets néfastes sur la femme enceinte et son enfant. Malgré la reconnaissance générale de ce problème, les recommandations internationales actuelles n'offrent pas d'orientations suffisantes quant aux stratégies optimales de prise en charge nutritionnelle. La plupart des essais cliniques ont abouti à des résultats non concluants.
Cette perspective synthétise les données probantes relatives aux stratégies de prise en charge actuelles des carences en macro- et micronutriments pendant la grossesse. De plus, les auteurs examinent le rôle crucial de l'inflammation dans la modulation de l'efficacité des interventions nutritionnelles et discutons des stratégies émergentes intégrant la prévention des infections à la nutrition afin d'optimiser les issues maternelles et néonatales. Compte tenu des limites des stratégies de prise en charge existantes, il est urgent d'élaborer des recommandations plus complètes et fondées sur des données probantes afin d'améliorer les issues de grossesse pour les femmes sous-alimentées dans le monde entier. Retrouvez cet article ci-dessous :

Rôles multiples des acides gras et de leur dérégulation chez les mères souffrant d'obésité : implications potentielles pour le développement du nourrisson
L'augmentation des taux d'obésité à l'échelle mondiale souligne la nécessité d'étudier son impact sur la santé infantile. Le lait maternel, essentiel à la nutrition du nourrisson, voit sa composition varier en fonction de l'obésité maternelle pendant la grossesse. Les recherches révèlent que les mères qui souffrent d'obésité ou qui sont en surpoids, ont tendance à présenter des taux plus élevés d'acides gras saturés (AGS), comme les acides palmitique et myristique, tandis que les taux d'acide stéarique sont plus faibles. Les acides gras mono-insaturés (AGMI), en particulier l'acide oléique présent dans le lait, diminuent en cas d'obésité. Les acides gras polyinsaturés (AGPI), essentiels au développement du cerveau et du système nerveux du nourrisson, présentent des déséquilibres chez les mères atteintes d'obésité, avec une augmentation du rapport oméga-6 (ω-6) / oméga-3 (ω-3) et une diminution des taux d'acides gras ω-3 clés tels que l'acide α-linolénique (ALA), l'acide eicosapentaénoïque (EPA) et l'acide docosahexaénoïque (DHA). Ces modifications pourraient perturber le développement normal du système immunitaire et nerveux chez le nourrisson. Cette revue met en lumière l'impact crucial de l'obésité maternelle sur la qualité du lait maternel.
Facteurs de risque des troubles de l'alimentation évitante (restrictive ou sélective) chez l'enfant : une revue systématique
Le trouble de l'alimentation évitante/restrictive (TAER en français, ARFID en anglais) est un diagnostic relativement récent dans le DSM-5, datant de 2013. L'alimentation restrictive et/ou sélective, motivée par un manque d'intérêt, une hypersensibilité sensorielle et/ou une crainte des conséquences aversives, est associée à des problèmes médicaux et/ou psychosociaux importants. Cependant, les facteurs de risque de ce trouble de l'alimentation restent mal connus. L’objectif de cette revue systématique était d'identifier les facteurs prédisposant au TAER chez l'enfant. Six études ont été incluses dans cette revue. Elles ont évalué les données relatives aux facteurs de risques et à leur risque de biais. Toutes les études étaient transversales. Malgré une stratégie de recherche exhaustive, seul un petit nombre d'études a pu être retenu pour l'analyse. Dix-huit facteurs ont été rapportés, dont dix étaient significativement associés au trouble de l'alimentation évitante/restrictive (ARFID). Parmi ces facteurs figurent des facteurs physiques, des comorbidités psychiatriques et des facteurs de risque psychopathologiques maternels.

Examen des méthodes efficaces de traduction et de mise en œuvre pour un accès équitable et un déploiement à grande échelle des programmes de nutrition – Rapport du groupe de travail 4 du projet « Biomarqueurs de la nutrition pour le développement : connaissances indiquant la suffisance alimentaire (BOND-KIDS) »
La période scolaire (5-19 ans) constitue une phase de développement cruciale, faisant le lien entre la petite enfance et l'âge adulte. La nutrition durant cette période est essentielle au bien-être physique, cognitif et socio-émotionnel/psychologique. De plus, l'état nutritionnel à ce stade a des effets durables sur la santé, le bien-être, la productivité et le capital humain tout au long de la vie. En 2022, le projet « Biomarqueurs de la nutrition pour le développement : connaissances indiquant la suffisance alimentaire (BOND-KIDS) » des Instituts nationaux de la santé (NIH) a été lancé afin d'étudier comment améliorer l'évaluation et l'impact des programmes et politiques nutritionnels destinés aux enfants d'âge scolaire. Cette étude vise à utiliser une approche écologique et les données probantes disponibles pour élaborer des outils concrets à destination des décideurs et des responsables de programmes, afin de faciliter la conception, la mise en œuvre et l'évaluation de programmes nutritionnels équitables, efficaces et adaptables à grande échelle pour les enfants d'âge scolaire. Suivez ce lien pour en savoir plus :
Impact des allégations marketing axées sur la santé sur la perception, la consommation hypothétique et les croyances des jeunes adultes concernant les produits alcoolisés : un essai randomisé
Les allégations marketing axées sur la santé sont de plus en plus fréquentes sur les produits alcoolisés et ciblent les jeunes consommateurs. Cette étude visait à évaluer l'impact de ces allégations sur la perception des produits alcoolisés et les intentions de consommation chez les jeunes adultes. Mille dix-neuf jeunes adultes australiens âgés de 18 à 24 ans ont participé à une expérience en ligne. Ils ont visionné dix produits alcoolisés, comprenant deux conditions inter-sujets (groupe témoin sans allégation, groupe avec allégation) et cinq conditions intra-sujets (faible teneur en sucre/glucides, faible teneur en calories, naturel, biologique et sans conservateurs). Les produits étaient identiques d'une condition à l'autre (teneur en alcool et en énergie indiquée), à l'exception de la présence ou de l'absence d'allégations. Les participants ont évalué leur perception et indiqué leur intention de consommation pour chaque produit. Retrouvez les résultats de cet essai randomisé ici :

VU POUR VOUS
Compte rendu des déplacements et des conférences auxquels le CEDE a participé
INSERM - Actualités sur le Nutriscore :
Une émission vidéo qui revient sur toutes les polémiques actuelles entourant le Nutriscore, avec des remises au point bien nécessaires. Ça se passe ici, sur la chaîne Youtube de l'INSERM :

LU POUR VOUS
Données d'intérêt mais non validées par un comité de lecture
Transformer les systèmes de soins pour les filles : Lutter contre les troubles alimentaires chez les filles dans tous les systèmes de soins
Cette revue clinique visait à :
1. comprendre le diagnostic des troubles du comportement alimentaire chez les filles dans les différents systèmes de soins;
2. identifier les obstacles culturels et autres qui peuvent entraver l’accès aux soins pour les patientes et leurs familles;
3. comprendre les interventions thérapeutiques pour les troubles du comportement alimentaire chez les filles dans les différents systèmes de soins;
4. et déterminer les situations où un plaidoyer est nécessaire pour un traitement plus intensif et spécialisé. Cette revue portera sur l’anorexie mentale, la boulimie et le trouble de l’alimentation évitante/restrictive/sélective.
Contexte
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) chez les filles sont fréquents, souvent associés à d'autres troubles et sous-diagnostiqués. Le ratio femmes/hommes présentant des TCA varie selon les populations, et les hommes peuvent être sous-représentés dans les études de prévalence ; toutefois, une statistique généralement citée fait état d'un ratio de 10 femmes pour 1 homme parmi les diagnostics de TCA. La plupart de nos connaissances sur les TCA proviennent de recherches axées sur les femmes, ce qui peut masquer des différences liées au sexe. Les données suggèrent un risque physiologique.
Prévalence dans les groupes minoritaires
Aux États-Unis, la prévalence des troubles du comportement alimentaire (TCA) au sein des minorités raciales et ethniques est comparable à celle observée chez les Blancs non hispaniques. Une étude a révélé que trois groupes minoritaires (hispaniques, asiatiques et afro-américains) présentaient davantage de symptômes d'hyperphagie boulimique que leurs homologues blancs non hispaniques. Les données suggérant un lien entre le statut socio-économique (SSE) et la prévalence des TCA sont limitées, mais on constate une prise de conscience croissante du risque accru de TCA chez les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés.
Principes de base du traitement selon une approche systémique familiale
Le traitement des troubles alimentaires par une approche systémique familiale vise initialement à utiliser la famille et le système familial pour stimuler la reprise de poids. La priorité accordée à la reprise de poids permet de traiter les graves complications médicales liées aux dérèglements hormonaux, immunitaires et de la régulation de la faim et de la satiété, ainsi qu'aux lésions tissulaires, notamment cérébrales, qui peuvent se manifester même en cas de malnutrition de courte durée.
Obstacles aux soins : les cliniciens
Les jeunes souffrant de troubles du comportement alimentaire (TCA) dans les services de soins primaires sont confrontés à plusieurs obstacles à l'accès aux soins. L'un de ces obstacles est le mythe selon lequel les TCA seraient exceptionnellement rares dans les milieux socio-économiques défavorisés et au sein de certains groupes raciaux et ethniques minoritaires. Ce biais implicite possible expose les cliniciens au risque de ne pas envisager les TCA parmi les diagnostics différentiels à exclure. Il est à noter que l'anorexie mentale (AM) touche tous les groupes ethniques, les deux sexes et traverse tous les groupes socio-économiques.
Prise en charge des urgences dans des services de soins non spécialisés de niveau supérieur
De nombreux adolescents sont pris en charge dans des centres qui ne disposent pas du personnel spécialisé dans le traitement des troubles du comportement alimentaire, notamment dans les hôpitaux psychiatriques où l'accent est mis sur d'autres comorbidités psychiatriques. Des études montrent que les principes de la thérapie familiale basée sur la famille (FBT) peuvent être intégrés aux programmes d'hospitalisation non spécialisés pour de meilleurs résultats. En Norvège, où le système de santé est universel et public, les parents restent auprès de leurs enfants hospitalisés pendant une durée variable, allant de 7 à 8 mois.
Conclusion
Les troubles du comportement alimentaire sont fréquents, sous-diagnostiqués et touchent principalement les femmes. Ils sont courants dans les services de santé mentale publics et ne font aucune distinction de statut socio-économique, d'origine ethnique ou de minorité. Lorsque les patients consultent dans différents services de soins, les psychiatres et les professionnels de santé sont insuffisamment formés pour reconnaître la maladie et mettre en œuvre les interventions nécessaires. Un renforcement de la formation est indispensable. Des obstacles culturels, cliniques et systémiques peuvent entraver la capacité et la volonté des patients et de leurs familles de s'engager dans le processus de soins.
Points clés
• Les troubles alimentaires sont fréquents dans tous les groupes minoritaires et toutes les couches socio-économiques, et devraient être identifiés et diagnostiqués au sein des populations prises en charge par les systèmes de soins.
• La prise en charge des comorbidités psychiatriques sera optimisée lorsque les troubles alimentaires seront traités et que la malnutrition et les comportements alimentaires aberrants seront résolus.
• Il existe des interventions de bon sens qui peuvent être appliquées dans les services de santé mentale généraux et qui contribueront au traitement des troubles alimentaires.
• Plaidoyer pour un traitement intensifié des troubles de l'alimentation
Programmes de repas scolaires : améliorer la santé et l'équité dans l'Union européenne :
À une époque marquée par une pauvreté monétaire et une insécurité alimentaire croissantes, ainsi que par des taux alarmants d'obésité infantile en Europe, l'importance de programmes de repas scolaires robustes est indéniable. Dans ce contexte, les programmes de repas scolaires – en particulier lorsqu'ils sont gratuits ou fortement subventionnés – peuvent bénéficier aux enfants d'âge scolaire issus de tous les milieux socio-économiques, offrant ainsi une opportunité quasi unique de s'attaquer à ces problèmes interdépendants et à bien d'autres. Les enfants issus de milieux défavorisés sont ceux qui bénéficient le plus des programmes de repas scolaires. En 2021, les 27 États membres de l'Union européenne (UE) ont adopté à l'unanimité la Garantie européenne pour l'enfance sous la forme d'une recommandation du Conseil (droit souple de l'UE). Un élément important de la Garantie européenne pour l'enfance est de garantir aux enfants de moins de 18 ans exposés à un risque de pauvreté ou d'exclusion sociale un accès effectif et gratuit à au moins un repas nutritif par jour d'école.
Avec des investissements dépassant 12 milliards d'euros, les programmes de repas scolaires bénéficient désormais à environ 25 millions d'enfants dans toute l'UE. Les initiatives de repas scolaires gratuits et universels gagnent du terrain, plus d'un tiers des pays ayant mis en place ou étendu la gratuité des repas pour les élèves. La plupart des États membres de l'UE privilégient des approches ciblées, offrant des repas gratuits principalement aux enfants issus de milieux défavorisés ou scolarisés dans des zones défavorisées, plutôt qu'à tous. L'évolution depuis 2020 montre une tendance positive, plusieurs pays étant passés de l'absence de programmes à des projets pilotes, ou d'un système ciblé à un système universel. Le financement des repas scolaires dans l'UE varie considérablement d'un État membre à l'autre, avec des budgets allant de 850 000 € à 9,7 milliards d'euros et des dépenses par habitant comprises entre 54 € et 1 229 € par an. Malgré une couverture apparemment large des repas gratuits, un important déficit de couverture persiste (y compris pour les différentes tranches d'âge), en raison d'infrastructures inadéquates, d'incohérences réglementaires et de contraintes financières. Le coût de la réduction de ces déficits est incertain, mais probablement inférieur aux 4,4 milliards d'euros estimés pour 2020.
Bonne lecture de veille scientifique à toutes et tous !
L'équipe du CEDE


VEILLE SCIENTIFIQUE 2026-02