04-2026
ARTICLES OFFICIELS
Informations officielles provenant d'organisations nationales ou internationales
ESPGHAN – campagne complète sur l'alimentation du nourrisson afin de fournir aux professionnels de santé et aux parents et aux personnes s'occupant d'enfants
La première année de vie est une période cruciale pour la croissance, le développement cérébral et l'adoption de comportements alimentaires durables. Pourtant, en Europe et dans le monde, parents et professionnels de santé continuent de se heurter à des conseils contradictoires, des barrières culturelles, des lacunes dans les recommandations et un soutien incohérent durant la période d'alimentation complémentaire.
Pour répondre à ces difficultés, l'ESPGHAN a lancé une campagne complète sur l'alimentation du nourrisson afin de fournir aux professionnels de santé et aux parents et aux personnes s'occupant d'enfants des recommandations claires, fondées sur des données probantes et adaptables aux contextes culturels.
L'objectif : promouvoir des pratiques d'alimentation complémentaire saines, sûres, adaptées et respectueuses du contexte, qui tiennent compte de la diversité des environnements, des cultures et des ressources des familles, tout en garantissant aux nourrissons le meilleur départ possible dans la vie.
Toutes les ressources de cette campagne ont été élaborées en collaboration avec des experts en nutrition pédiatrique, des diététiciens-nutritionnistes, des allergologues pédiatriques et les réseaux des comités de l'ESPGHAN. Elles sont conçues pour soutenir la pratique clinique et l'éducation des familles , et pour être facilement adaptables à différents pays et contextes.
Pour consulter cet article et ses diverses ressources :
ELEMENTS DE CONTEXTE
Actualité politique et institutionnelle en lien avec l'activité pédiatrique
« ONE HEALTH SUMMIT » - La France publie le PNA 4 et le PNNS 5 pour accélérer la transition vers une alimentation saine et durable, accessible à tous et au service de la souveraineté alimentaire
À l’occasion du One Health Summit, le Gouvernement français annonce la publication de deux programmes clés : le 4ᵉ Programme national pour l’alimentation (PNA 4) et le 5ᵉ Programme national nutrition santé (PNNS 5), afin de traduire une ambition claire : mieux prévenir les maladies chroniques, améliorer l’accès de tous à une alimentation saine, durable et de qualité et accompagner la transformation durable du système alimentaire, au service de notre souveraineté alimentaire, tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales en nutrition.
Ces programmes constituent une déclinaison opérationnelle de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), fondée sur une approche intégrée de la santé humaine, de l’environnement et de l’alimentation.
Des priorités communes pour transformer durablement les habitudes alimentaires Les deux programmes partagent un socle d’actions communes visant à atteindre les recommandations alimentaires du PNNS.
Il s’agit notamment de :
• améliorer la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire, notamment en restauration collective et en grande distribution ;
• renforcer l’information du consommateur, notamment à travers les recommandations nutritionnelles et les dispositifs d’étiquetage ;
• mieux protéger les enfants et les adolescents face au marketing des produits trop gras, sucrés ou salés ;
• réduire les inégalités sociales et territoriales en matière d’alimentation et de nutrition.
Les priorités spécifiques du PNA 4 : qualité et durabilité des approvisionnements, territoires et lutte contre le gaspillage.
Le PNA 4 agit sur l’ensemble du système alimentaire pour accélérer la transition vers une alimentation saine et durable.
Ses priorités spécifiques portent notamment sur :
• le renforcement des approvisionnements durables et de qualité, en particulier en restauration collective ;
• le soutien aux projets alimentaires territoriaux (PAT), leviers de structuration locale des systèmes alimentaires ;
• la réduction du gaspillage alimentaire à toutes les étapes de la chaîne.
A consulter ici : https://draaf.nouvelle-aquitaine.agriculture.gouv.fr/le-programme-national-de-l-alimentation-pna-4-a4086.html
Les priorités spécifiques du PNNS 5 : dénutrition, femmes enceintes, petite enfance et allaitement maternel, activité physique. Le PNNS 5 renforce la politique de prévention en santé publique par la nutrition, en articulation étroite avec la Stratégie nationale sport-santé 2025-2030.
Au-delà des priorités fixées par la SNANC, le PNNS 5 met également l’accent sur : • L’alimentation de la femme enceinte, de la petite enfance et la promotion de l’allaitement maternel ;
• la lutte contre la dénutrition, notamment chez les personnes âgées et les publics fragiles ;
• le développement de l’activité physique et des mobilités actives à tous les âges ;
• la réduction de la sédentarité, en particulier du temps passé devant les écrans.
A consulter ici :
Pour en savoir plus

ARTICLES CONSEILLES
Informations, articles scientifiques, études concernant l'activité pédiatrique
Exposition maternelle aux phtalates, durée de la grossesse et risque de naissance prématurée : une étude de cohorte prospective imbriquée dans un essai randomisé
La prématurité (naissance avant 37 semaines de gestation) est une cause majeure de morbidité et de mortalité infantiles, mais ses causes sous-jacentes demeurent souvent inconnues. L'exposition à des facteurs environnementaux, notamment à des perturbateurs endocriniens comme les phtalates, est suspectée d'augmenter le risque de prématurité. Les phtalates sont couramment utilisés comme plastifiants dans les produits de consommation, ce qui entraîne une exposition humaine généralisée. Si certaines études suggèrent un lien entre l'exposition maternelle aux phtalates et une réduction de la durée de la gestation, les résultats restent contradictoires. Cette étude visait à examiner la relation entre les concentrations urinaires de métabolites de phtalates et la durée de la gestation au sein d'une cohorte de femmes enceintes australiennes. Ses résultats montrent que des métabolites de phtalates ont bien été détectés dans plus de 99 % des échantillons d'urine, les concentrations les plus élevées étant observées pour le phtalate de monoéthyle (MEP), le phtalate de monoisobutyle (MiBP) et le phtalate de monobutyle (MBP). Cependant aucune association n'a été mise en évidence entre l'exposition aux phtalates et la durée de la grossesse, que ce soit dans les analyses brutes ou ajustées. De même, aucune association significative n'a été observée entre l'exposition aux phtalates et le risque de naissance prématurée.
Pour en savoir davantage, suivez ce lien :

Lait maternel de donneuse en complément versus préparations pour nourrissons chez les nourrissons prématurés modérés à tardifs : Un essai clinique randomisé
Des données probantes de haute qualité appuient l’utilisation du lait maternel pasteurisé de donneuse chez les grands prématurés présentant une quantité insuffisante de lait maternel. Cependant, les données permettant d’orienter l’utilisation du lait de donneuse chez les prématurés plus âgés sont insuffisantes. L’objectif était de comparer l'effet du lait de donneuse par rapport au lait maternisé à terme, utilisé pour compléter le lait maternel insuffisant, sur le temps nécessaire à l'établissement d'une alimentation entérale complète chez les nourrissons prématurés modérés à tardifs. Retrouvez cette analyse scientométrique ici :

Rôle du microbiote intestinal au cours des deux premières années de vie dans la programmation précoce de l'obésité, du diabète de type 2 et de l'hypertension.
Les deux premières années de vie constituent une période critique pour la mise en place du microbiote intestinal et la programmation précoce du risque cardio-métabolique. Cette revue vise à analyser l'influence du microbiote intestinal durant cette période et son association avec l'obésité, le diabète de type 2 et l'hypertension artérielle. Les études analysées suggèrent qu'une dysbiose précoce est associée à une vulnérabilité cardiométabolique accrue, liée à une inflammation de bas grade et à des altérations du métabolisme énergétique. Des associations sont décrites entre les pathologies métaboliques maternelles (telles que l'obésité ou le diabète gestationnel) et un écosystème intestinal initial moins favorable chez l'enfant, caractérisé par une diversité microbienne réduite et une moindre abondance de bactéries considérées comme protectrices. Concernant l'obésité infantile, des études longitudinales indiquent qu'un microbiote moins mature durant la première année de vie est associé à un risque plus élevé de surpoids, en particulier en cas d'exposition précoce aux antibiotiques et de mauvaises habitudes alimentaires. À l'inverse, l'allaitement maternel exclusif est associé à des profils microbiens plus fonctionnels. Quant à l'hypertension artérielle, les résultats suggèrent une influence médiée par des métabolites microbiens tels que les acides gras à chaîne courte et des mécanismes impliqués dans la régulation vasculaire. Globalement, les 1 000 premiers jours représentent un axe prioritaire pour la promotion de pratiques précoces favorisant un microbiote intestinal équilibré, en tant que stratégie potentielle de prévention des maladies cardiométaboliques.
Pour en savoir plus vous pouvez suivre ce lien :
Préparer l'avenir : comment le mode d'alimentation façonne le microbiote intestinal du nourrisson
La petite enfance représente une période critique de programmation développementale durant laquelle la nutrition et l'exposition aux micro-organismes façonnent les fonctions physiologiques à long terme. Le mode d'alimentation est un déterminant majeur de la composition du microbiote intestinal et de l'activité métabolique chez le nourrisson. Cette revue narrative synthétise les données actuelles comparant l'allaitement maternel et l'alimentation au lait infantile en ce qui concerne la composition microbienne, la capacité fonctionnelle et la programmation immunitaire pendant les périodes de pré-sevrage et de post-sevrage précoce. L'allaitement maternel favorise un microbiote relativement stable, dominé par les bifidobactéries et enrichi en voies métaboliques impliquées dans l'utilisation des glucides, la biosynthèse des vitamines et la modulation immunitaire. Les oligosaccharides du lait maternel, les IgA sécrétoires, la lactoferrine et les microbes associés au lait guident collectivement la succession microbienne, renforcent l'intégrité de la barrière intestinale et soutiennent la tolérance immunitaire. En revanche, les nourrissons nourris au lait infantile présentent généralement une plus grande diversité microbienne, une transition plus précoce vers des profils similaires à ceux de l'adulte et une abondance accrue d'anaérobies facultatifs, ainsi qu'un enrichissement des voies métaboliques liées au métabolisme des acides biliaires et des acides aminés. Le profil du microbiote chez les nourrissons nourris au lait infantile est influencé par la composition de ce dernier, notamment sa teneur en protéines, sa structure lipidique et son supplémentation en prébiotiques, probiotiques et analogues d'oligosaccharides du lait maternel. Malgré les progrès réalisés dans la formulation des laits infantiles, qui ont permis de réduire les écarts de composition, des différences fonctionnelles persistent en termes de stabilité microbienne et de programmation immunitaire. La reconnaissance de la petite enfance comme une période critique de programmation souligne la nécessité de stratégies nutritionnelles tenant compte du microbiome et de recherches longitudinales multi-omiques pour élucider les mécanismes causaux et optimiser les interventions précoces.
Réhydratation orale pour la malnutrition sévère chez les enfants présentant une déshydratation modérée à sévère (GASTROSAM) : un essai contrôlé randomisé de phase 2
Les recommandations internationales pour la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère déconseillent l'administration de solutions de réhydratation orale (SRO) standard en cas de déshydratation secondaire à une diarrhée. Elles préconisent plutôt l'utilisation exclusive de solutions de réhydratation à faible teneur en sodium pour la malnutrition (ReSoMal), en raison des risques de surcharge hydrique et sodée. Le manque de données probantes justifie une réévaluation de ces recommandations. L’objectif était d'évaluer l'innocuité et la supériorité des SRO standard de l'OMS par rapport à ReSoMal. Dans cet essai, les événements de surcharge hydrique (œdème pulmonaire et surcharge cardiaque) ont fait l'objet d'une surveillance active : aucun n'a été constaté. L’utilisation de la solution de réhydratation orale de l’OMS (SRO-OMS) a donné des résultats similaires à ceux de la solution ReSoMal, et aucune des deux stratégies n’a entraîné de surcharge hydrique. Ce constat permet de simplifier les recommandations préconisant l’utilisation de la SRO-OMS pour la prise en charge de la déshydratation chez l’enfant, quel que soit son état nutritionnel.
Revue systématique et méta-analyse des thérapies psychologiques pour le trouble de l'alimentation évitante/restrictive (ARFID) chez les adolescents et les adultes
L’efficacité des thérapies psychologiques pour les adolescents et les adultes atteints de trouble de l’alimentation évitant/restrictif (ARFID) n’a pas encore été rigoureusement analysée par le biais d’une revue systématique ou d’une méta-analyse. Cette étude a identifié, dans sept bases de données, des articles présentant des thérapies psychologiques pour les adolescents et les adultes atteints de trouble de l’alimentation évitante/restrictif (ARFID). Cette revue systématique et méta-analyse met en lumière des résultats préliminaires prometteurs des thérapies psychologiques pour les adolescents et les adultes atteints de trouble de l’alimentation évitante/restrictif (ARFID) dans de multiples domaines. Cependant, les données probantes actuelles sont limitées et reposent principalement sur des études de cas et des séries de cas, avec très peu d’études quasi expérimentales ou randomisées. Par conséquent, des études avec des échantillons plus importants et utilisant des essais contrôlés randomisés sont nécessaires pour une évaluation plus rigoureuse des thérapies psychologiques dans le traitement de l’ARFID.
Pour avoir plus de détails concernant cette étude :
La voix oubliée des pères dans le soutien aux enfants atteints de troubles de l'alimentation évitants et restrictifs : une revue exploratoire
Le trouble de l'alimentation évitante/restrictive (ARFID) chez l'enfant entraîne des difficultés émotionnelles, psychosociales et nutritionnelles qui affectent considérablement les familles. Bien que certaines études explorent le vécu des parents confrontés à ce trouble du comportement alimentaire, le point de vue des pères reste sous-représenté. Comprendre le rôle et les défis spécifiques auxquels les pères sont confrontés est essentiel pour mieux cerner le soutien nécessaire à une prise en charge globale et centrée sur la famille. Cette revue exploratoire visait à examiner le vécu et le rôle des pères lorsqu'ils accompagnent un enfant présentant un ARFID lors des repas. Trois thèmes principaux ont été identifiés : (i) l’impact psychologique et émotionnel de l’ARFID, (ii) les attentes de la société et (iii) la communication et la connexion. Cette analyse exploratoire souligne le rôle actif des pères lors des repas et des soins prodigués aux enfants atteints de troubles de l'alimentation évitante/restrictive (ARFID), mais précise que leurs expériences restent peu étudiées. Les données indiquent des niveaux élevés de stress et de dépression chez les pères, dont la parole est souvent ignorée malgré l'impact positif de leur implication sur l'état de santé des patients. Les approches qualitatives traditionnelles peuvent s'avérer insuffisantes pour saisir pleinement le point de vue paternel, ce qui souligne la nécessité de méthodes de recherche plus créatives et inclusives afin de garantir que les pères soient reconnus comme des partenaires essentiels dans la prise en charge des enfants présentant un ARFID. Pour lire l’intégralité de cette étude :

Bonne lecture de veille scientifique à toutes et tous !
L'équipe du CEDE
VEILLE SCIENTIFIQUE 2026-04