VEILLE SCIENTIFIQUE 2026-06

06-2026



ARTICLES OFFICIELS

Informations officielles provenant d'organisations nationales ou internationales

Rome V – Mise à jour des critères diagnostiques pour des troubles de l'interaction intestin-cerveau      

Dix ans se sont écoulés depuis la publication de Rome IV, qui a redéfini les troubles gastro-intestinaux fonctionnels comme des troubles de l'interaction intestin-cerveau (TIIC) et s'est appuyée sur un corpus de données probantes de plus en plus important pour réviser les définitions de nombreuses affections incluses. Rome V, récemment publié, poursuit cette évolution, en s'appuyant sur de nouvelles connaissances issues de l'expérience clinique et de la recherche pour affiner les critères diagnostiques, ajouter de nouveaux diagnostics et restructurer les TIIC pédiatriques en fonction de l'anatomie haute et basse. Fondamentalement, les critères révisés visent à être plus faciles à utiliser en pratique clinique, mieux étayés sur le plan mécanistique et plus représentatifs de l'expérience des patients. Les modifications apportées aux critères du syndrome de l'intestin irritable (SII) illustrent ce réajustement. Rome V définit le SII comme une douleur ou une gêne abdominale récurrente, mais non continue, survenant en moyenne au moins 3 jours par mois au cours des 3 derniers mois, associée à la défécation ou à une modification de la fréquence ou de la consistance des selles, et dont les symptômes ne sont pas exclusivement liés aux menstruations.  

Cliquez ici pour en savoir plus sur la réorganisation des critères pédiatriques de ces troubles dans Rome V.

        





ARTICLES CONSEILLES

Informations, articles scientifiques, études concernant l'activité pédiatrique

Utilisation de la tétine chez les nourrissons nés à terme et son impact sur l'allaitement maternel : une revue exploratoire  

L'utilisation de la tétine est courante dans différents contextes culturels et de soins de santé. Malgré de nombreuses recherches, ses effets sur l'initiation, l'exclusivité et la durée de l'allaitement maternel restent incertains. La divergence des résultats et l'incohérence des recommandations professionnelles soulignent la nécessité d'une synthèse exhaustive des données probantes. Cette revue exploratoire avait pour but de cartographier et de décrire la littérature sur l'utilisation de la tétine chez les nourrissons nés à terme et en bonne santé, ainsi que sa relation avec les résultats de l'allaitement maternel, et explorer les facteurs d'influence tels que le moment de l'introduction de la tétine, l'intention maternelle et les pratiques de soins de santé. 

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Réflexe d'éjection du lait dysphorique : un syndrome méconnu qui touche jusqu'à une femme allaitante sur cinq

Le réflexe d'éjection dysphorique du lait (REDL), est un syndrome caractérisé par l'apparition soudaine d'émotions négatives quelques secondes avant chaque éjection de lait maternel. Ces sensations surviennent et disparaissent brutalement, ne durant généralement que quelques minutes, et se répètent à chaque montée de lait. De ce fait, les femmes atteintes de REDL peuvent vivre des dizaines d'épisodes de ce type au cours de la journée et de la nuit. Selon les études disponibles, le REDL touche environ une femme allaitante à cinq sur dix. Les émotions ressenties varient d'une femme à l'autre en nature, en intensité et en durée. Si certaines mères présentent des symptômes pendant toute la durée de l'allaitement, chez d'autres, les symptômes disparaissent spontanément après quelques mois, le plus souvent après environ trois mois. Pour en savoir davantage :

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Aflatoxine M1 dans le lait maternel : revue systématique, méta-analyse et méta-régression

L'aflatoxine M1 (AFM1), un métabolite hydroxylé de l'aflatoxine B1, peut contaminer le lait maternel via l'alimentation de la mère, ce qui représente un risque potentiel pour la santé et le développement du nourrisson. Les données concernant les variations régionales de l'exposition à l'AFM1 chez les femmes allaitantes sont limitées. Cette étude visait donc à déterminer la prévalence et la concentration combinées de l'AFM1 dans le lait maternel, ici en Turquie, et à examiner les différences régionales d'exposition chez les femmes allaitantes. Pour en savoir plus vous pouvez suivre ce lien :

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Base de données sur les médicaments et l'allaitement (LactMed®) : brocoli & coliques du nourrisson  

Le brocoli ( Brassica oleracea var. italica) n'a pas d'utilité particulière pendant l'allaitement, mais il contient du sulforaphane, un phytonutriment bioactif présent dans les légumes crucifères. Certaines données de faible qualité suggèrent que la consommation de chou par la mère pourrait provoquer des coliques chez le nourrisson allaité. De nombreuses femmes pensent que les pleurs et l'agitation du nourrisson sont liés à des douleurs abdominales associées à l'alimentation et ont éliminé certains aliments, comme le brocoli, de leur régime alimentaire pour tenter de modifier le comportement de leur bébé, bien qu'aucune preuve solide ne vienne étayer cette hypothèse. Des données modérément solides indiquent que la consommation de légumes par la mère au début de l'allaitement favoriserait l'appréciation de ces légumes par le nourrisson plus tard. 

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De l'ARFID à l'hyperphagie boulimique : revue des mécanismes sensoriels, comportementaux et de l'axe intestin-cerveau à l'origine des troubles alimentaires concomitants chez les enfants et les adolescents atteints de troubles du spectre autistique  

Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) constituent une affection neurodéveloppementale hétérogène, fréquemment associée à des perturbations importantes du comportement alimentaire et de l’équilibre nutritionnel. Ces difficultés résultent de mécanismes complexes et multifactoriels, ayant un impact significatif sur la santé physique, l’homéostasie métabolique et le fonctionnement psychosocial. Cette revue vise à synthétiser de manière critique les données actuelles concernant les mécanismes biologiques et comportementaux sous-jacents aux difficultés alimentaires dans les TSA et à décrire le spectre des troubles alimentaires comorbides au sein de cette population. 

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Évolution clinique des cas potentiels de maladie cœliaque : revue systématique et méta-analyse 

La maladie cœliaque dite "potentielle" (MCP) ou latente, est caractérisée par des marqueurs sérologiques et génétiques positifs de la maladie cœliaque, associés à une muqueuse duodénale à l’architecture préservée. L’évolution clinique et le taux de progression vers une maladie cœliaque avérée chez les patients atteints de MCP restent incertains. Cette revue systématique et méta-analyse vise à évaluer l’évolution clinique des patients atteints de MCP. Pour avoir plus de détails et lire les conclusions de cette publication :  

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VU POUR VOUS

Compte rendu des déplacements et des conférences auxquels le CEDE a participé

ESPGHAN - WEBINARE series : Application du régime « Low FODMAPs » en pédiatrie 

Le webinaire de la série Young ESPGHAN de ce mercredi 10 juin 2026, portait sur l'application pédiatrique du régime Low FODMAPs, présenté par Lucy Jackman, diététicienne pédiatrique londonienne spécialisée dans cette approche. 

Le syndrome de l'intestin irritable (SII) touche environ 5 % des enfants de 4 à 18 ans et impacte significativement leur qualité de vie scolaire, sociale et alimentaire. Son diagnostic est clinique, fondé sur les critères de Rome V, sans biomarqueur spécifique. Il s'inscrit dans un modèle biopsychosocial impliquant l'axe intestin-cerveau, avec des composantes motrices, immunitaires, microbiotiques et psychologiques. 

Conformément aux recommandations NICE et BDA, le régime Low FODMAPs n'est pas une approche de première intention que ce soit en diététique générale, et a fortiori en pédiatrie. Des mesures hygiéno-diététiques de base régularité des repas, hydratation, gestion des fibres, du sommeil, du stress et de l'activité physique doivent être tentées pendant au moins six mois avant toute considération du régime. Ce dernier ne se justifie qu'en cas d'échec de ces premières mesures, après exclusion de pathologies sous-jacentes. 

Les risques propres au régime Low FODMAPs en pédiatrie sont multiples : carences nutritionnelles, impact négatif sur le microbiote, risque de TCA, et contraintes organisationnelles et financières pour les familles. Une approche dite « bottom-up » partant de l'anamnèse pour cibler quelques évictions précises et limitées dans le temps est préférée à l'approche classique restrictive globale, car généralement aussi efficace et mieux tolérée. 

En conclusion : le Low FODMAPs peut réduire (sans éliminer) les symptômes du SII pédiatrique, mais doit rester un outil de dernier recours, à court terme, dans une version allégée, et impérativement encadré par un·e diététicien·ne pédiatrique spécialisé·e.

Messages à retenir : 

1. Le SII pédiatrique est fréquent et multidimensionnel : sa prise en charge doit toujours intégrer les dimensions diététique, psychologique et pharmacologique, sans jamais réduire le tableau clinique à sa seule composante alimentaire. 

2. Exclure d'abord, restreindre ensuite : tout signe d'alerte doit faire rechercher une pathologie sous-jacente avant d'envisager toute modification diététique ciblée. 

3. Le régime Low FODMAPs n'est pas un traitement de première ligne : les mesures hygiéno-diététiques générales restent le socle incontournable et doivent être évaluées sur au moins six mois. 

4. En pédiatrie, la balance bénéfices/risques est particulièrement défavorable : carences, impact sur le microbiote, risque de TCA et ARFID, compliance difficile : chaque indication doit être soigneusement pesée au cas par cas. 

5. Privilégier l'approche bottom-up : partir des habitudes et de l'anamnèse de l'enfant pour cibler des évictions limitées est généralement aussi efficace que le protocole complet, et bien mieux adapté au contexte pédiatrique. 

6. Le régime Low FODMAPs ne guérit pas le SII : il peut en atténuer les symptômes, mais uniquement à court terme et pour un profil de patients bien sélectionné. 

7. L'encadrement spécialisé est non négociable : aucune application du régime Low FODMAPs en pédiatrie ne devrait se faire sans suivi par un·e diététicien·ne spécialisé-e à la fois en pédiatrie et à l’approche LOW FODMAPs.

Pour revoir tous les webinaires de l’ES​​P​​GHAN





Bonne lecture de veille scientifique à toutes et tous ! 


L'équipe du CEDE

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